Interview de M. Jean-Marc Lehu, Responsable de la Spécialité Logistique du Master Sciences du Management
Pouvez-vous nous présenter le Master Sciences du Management, Spécialité Logistique, classé 3ème au Classement SMBG ? Alliant les deux fonctions essentielles que sont la logistique et le marketing, elle est orientée vers la logistique « aval », autrement dit l’optimisation du flux allant jusqu’au client final, dans un triple objectif : satisfaction, fidélité et rentatibilité. Cette combinaison est aujourd’hui encore l’assurance d’importants débouchés pour les étudiants, à des postes en achats, en marketing, en planification, en production, en conseil, en gestion de projets ou directement en logistique, tant en France qu’à l’étranger. Le contenu de la formation est réactualisé chaque année et laisse une part majeure à l’intervention de professionnels reconnus. Le premier concerne les intervenants venus d’entreprises et d’organisations dont le transfert d’expérience me semble indispensable pour enrichir la formation. On compte en moyenne une quarantaine d’intervenants de ce type chaque année venant d’entreprises partenaires. Le second concerne les étudiants. Si l’on aspire à les orienter à terme vers des postes de managers, il me paraît impossible d’attendre la fin de la formation pour le faire. Aussi, chaque étudiant est responsable d’un ou plusieurs projets tout au long de l’année (rencontre avec les entreprises, planification de visites de site, organisation de salons, mise à jour de l’annuaire et du site Internet, organisation de la remise des diplômes, communication de la formation, voyage de fin d’études…). Ces projets sont naturellement une charge de travail additionnelle, mais rien de tel que de pouvoir mettre en application en temps réel ce que l’on apprend en cours. L’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne propose ce master depuis 11 ans. Comment vos enseignements se sont-ils adaptés aux évolutions du secteur ? Les nombreux intervenants professionnels sont renouvelés en permanence et sollicités en fonction des compétences qu’il semble essentiel de disposer à la sortie de la formation, toujours par rapport aux attentes du marché. Cette approche dynamique est le premier rouage d’un objectif d’insertion professionnelle. Vous indiquez sur votre site, que « la logistique est aujourd’hui une des fonctions de l’entreprise les plus porteuses en terme d’offres d’emploi ». Confirmez-vous cette tendance concernant l’insertion professionnelle de vos étudiants ? Quels types d’entreprises intègrent-ils ?
Oui, cette tendance porteuse en termes d’emplois est confirmée. Plus encore en période de crise. La raison est fort simple : logistique et marketing développées stratégiquement de concert sont des fonctions essentielles qui peuvent aisément générer efficacité accrue et économies supplémentaires. Ce sont deux arguments qui ne laissent pas insensibles les entreprises recruteuses. A partir du moment où dans le cursus de la formation, l’équilibre est conservé entre enseignements académiques nécessaires et partage indispensable d’expériences professionnelles, les étudiants développent leurs capacités de réflexion et d’analyse, sans jamais perdre de vue le nécessaire développement de compétences pour mettre ce savoir en application de manière efficace et rentable. On fait parfois le reproche à l’université de ne pas savoir former de managers opérationnels immédiatement pour les entreprises et les organisations. C’est une vision stéréotypée et très passéiste, injustifiée aujourd’hui à l’Université Paris 1 et totalement infondée en ce qui concerne la Spécialité Logistique. Il m’est facile de le dire. Mais sans doute plus encore aux centaines d’entreprises et d’organisations petites ou grandes, françaises et étrangères, qui chaque année recrutent nos étudiants à des postes à responsabilité. C’est pourquoi, il me semble essentiel de fonctionner par projets, en oubliant les simples obligations de moyens pour systématiquement privilégier l’obligation de résultat. Certes, le rythme est très exigeant. Certes, la charge de travail est très lourde. Certes, les activités extra-universitaires requises sont nombreuses. Certes, les déplacements réguliers sur sites en entreprises viennent s’ajouter aux cours. Certes les loisirs ont alors bien peu de place pendant ces 24 semaines. Mais s’il fallait aujourd’hui informer objectivement un étudiant intéressé par cette formation, là se trouveraient les réelles motivations à candidater ! |